En vol

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vendredi 26 août 2011

LE SILENCE DES MARMOTS


L’été est une saison merveilleuse à plein d’égards. Dans notre midi méditerranéen, la chaleur en est une composante dont on ne saurait se plaindre. Tant de touristes en manque de lumière viennent ici la rechercher, que rouspéter juste parce que le thermomètre grimpe au-delà de 30° paraîtrait indécent. Et puis, nous savons, nous, que cela ne dure qu’un temps, qu’après le 15 août et son orage rituel, la fraîcheur douce reviendra, tandis que se lèvera la lourde brume qui enveloppe la mer et la côte, rendant à celles-ci ses nuances cristallines.

Cette année, on a eu tout à l’envers. La pluie, le vent, la lumière de fin août en juillet, et la canicule après le 15 août. Mais là non plus, je n’ai pas envie de me plaindre. Pour moi, cela a été une saison de rêve.

Parce qu’une autre composante de l’été, que j’aime moins, c’est son bruit.

Pas celui des cigales, ni celui du ressac. Celui des visiteurs assoiffés de terrasse, ceux qui considèrent que tout leur est permis en matière de décibels puisqu’ils sont en vacances, que les nuits sont chaudes, et que le reste de l’année ils sont enfermés entre quatre murs glacés. Ils n’ont cure des voisins, se moquent de leurs horaires de sommeil, de la paix du petit matin, ou d’un désir de sieste. Ils ont loué un espace extérieur, ils ont le droit d’y faire ce que bon leur semble. L’été transforme des gens, sans doute courtois chez eux, en malotrus braillards. Ceux-là ne sont pas forcément des djeuns en manque de teuf. Loin de là, ce sont plutôt de vieux beaufs qui ont besoin de parler fort pour se faire entendre des plus sourds, ou plus saouls qu’eux. Ce qui les excuse peut-être. Si vous en avez de semblables à proximité, il ne vous reste qu’à fermer vos fenêtres et vos volets, ou à vous faire mettre une clim’ – et tant pis pour l’écologie.

Mais cette catégorie, celle des djeuns, existe aussi, faite de ceux qui ont besoin de prouver leur existence en assommant leur entourage à coup de décibels lourds des boum-boums de leurs basses. Que ce soit le matin, l’après-midi ou le soir, leur chaîne stéréo, qui fait fi des casques, provoque en vous des vibrations semblables à des palpitations. Pas question de leur faire la moindre remontrance : tout comme ces livreurs qui bloquent une rue en vous disant « Oh, je travaille moi ! », sous-entendant que vous ne faites rien que perdre votre temps et celui des autres, ces futurs durs de la feuille vous feront déjà la sourde oreille. Ils prétexteront qu’ils ne se sont pas rendu compte que le son passait le seuil de leur fenêtre, de leur porte, ou de leur plancher, que c’est le milieu de la journée – ignorant le fait que certains travaillent pour de bon, et n’ont pas besoin de fond sonore pour accompagner une activité qui requiert de l’écoute, ou de la concentration. Sans doute parce que le sens de ces termes leur est totalement inconnu. Associé à la chaleur, ce bruit-là peut s’avérer être une redoutable forme de torture.

Les mêmes, en plus grégaires, se retrouvent le soir dans les rues déjà bondées, en troupeaux agglutinés pire qu’au Far West, pour aller « faire la fête » dans un bar ou un autre. C’est une des joies de l’été que de passer ses nuits ainsi, et qui ne l’a fait ? Et si, par hasard, pas assez riche pour avoir le choix de votre lieu de résidence, vous habitez à proximité d’un de ces lieux de plaisir, et que, sur le coup des trois heures du mat’ vous ne dormez toujours pas, ne vous plaignez pas trop : vous l’avez bien cherché en vous installant dans un tel quartier, vous n’avez qu’à déménager, au lieu de leur balancer des seaux d’eau sur la tête !

Alors là, vous me direz, je suis fort grincheuse aujourd’hui. Pas totalement. Je persiste à aimer l’été. Car en fait, l’été apporte aussi son lot de doux gazouillis. L’été, on sort les bébés. Ils ne font pas que brailler, pas du tout. Ils pépient comme des moineaux. À peine plus vieux, ils font entendre leur voix flûtée ; leurs jeux sonores vous entraînent dans leur monde imaginaire, leurs plongeons dans les piscines sont semblables à ceux des dauphins : on les admire et on les encourage. Leurs sons ne sont pas du bruit, mais du concentré de plaisir. Ils se taisent quand ils goûtent, et repartent de plus belle !

Et puis, leurs parents pleins de sollicitude, les couchent à l’heure de la sieste, et tôt le soir. Et là, miracle, on a le plaisir de jouir du silence des marmots ! Un vrai régal estival, ça, non ?

Voilà, pour finir, je remercie Monsieur Météo de nous avoir concocté cette année un été de rêve. Un mois de juillet parfait, quelques jours de canicule en août… bientôt ce sera la rentrée des classes, la belle lumière de septembre, et le plaisir d’entendre à nouveau chanter les piafs sur fond de silence…

Cadeau ici.

mercredi 17 août 2011

RECETTES À LA VIE, À L’AMOUR : ON PASSE À TABLE ?






À table personne n’aime attendre un plat pendant des heures, l’appétit s’y émousse parfois. Sauf, bien entendu si on est en bonne compagnie !

À ce propos, et avant toute autre chose, je dois exprimer ma gratitude au Professeur Albert Bensoussan dont la préface élogieuse est un hors-d’œuvre de choix à lui tout seul. Que mes petites réflexions lui aient inspiré ce bijou ne cesse de m’étonner, et même de m’inquiéter un brin – après ce zakouski du Sud, mes recettes à moi ne paraîtront-elles pas insipides ? J’espère que non, pour votre plaisir à tous, quand même.

Et puis, que dire de sa couverture, une fois de plus due au talent de Jacques Lefebvre-Linetzky, mon illustrateur de choix ?

Pour les autres remerciements, voir à l’intérieur, il y aura des surprises ! Du chef, naturellement.

Ce sera à vous tous et toutes de me dire si ce petit ouvrage (annoncé depuis quelque temps déjà), valait l’attente. Ses pages tournent autour des plaisirs de la nourriture et du partage, ainsi que vous pourrez le lire sur la 4ème de couverture que je reproduis ici.

Si vous décidez de ne pas quitter la table, je ne peux que vous souhaiter un très bon appétit !

Recettes à la vie, à l’amour

Ceci est un livre de recettes, mais pas au sens habituel du terme. Si ces quatorze textes tournent en effet autour de la cuisine, ou de la pâtisserie, l’essentiel est dans le contexte : évocations de souvenirs, de rencontres, de repères culturels, de plaisirs gustatifs partagés, ils sont autant de tranches de vie, d’amour et d’amitié. Ce recueil fait voyager le lecteur, gourmand de mots autant que de mets, depuis l’Europe Centrale jusqu’à la Méditerranée, en passant par les chemins détournés de l’Angleterre ou de l’Amérique, sur la trace des expériences personnelles de l’auteur. Et il y a même quelques vraies recettes à la fin !

jeudi 11 août 2011

LA RETRICOTEUSE DANS LES MEDIA, VIA LES PERLES DE SAINT-MARTIN VÉSUBIE

Mais si, mais si ! À peine sortie, et on en parle déjà partout.

En tout cas c’est que j’ai cru comprendre au salon du LIVRE EN FÊTE de SAINT-MARTIN VÉSUBIE, (un très joli salon, très bien organisé, accueillant, et fort fréquenté) auquel j’ai participé le dimanche 7 août.

En effet, j’y ai relevé pour vous les merveilles suivantes :

« Ah oui, j’en ai entendu parler à la radio » (Sur France Culture, j’en suis sûre)

« J’ai dû en entendre parler, car le titre me dit quelque chose... » (Ça, c’est plus vague)

« J’ai lu quelque chose sur ce livre dans Paris-Match » (Le poids des mots, ou le choc de l’illustration de couverture ?)

« Vous n’avez pas donné une interview à la radio ? » (J’attends justement une invitation à le faire, toujours sur France Culture naturellement)

« On n’en a pas parlé à la télé ? » (Ben, non, hein, quoique, peut-être à la Grande Librairie ? – soupirs – si seulement).

Moralité : Le titre parle tout seul et frappe les mémoires en amont de l’événement ! J’attends donc la concrétisation des idées de tous mes visiteurs, car c’est sûr, si les media en ont déjà parlé, ils vont encore en parler, et on peut donc se risquer à le lire ! Pour preuve, le petit encart paru dans Nice-Matin l’an dernier sur les HISTOIRES FLOUES, placé bien en évidence sur la table : il s’est avéré une accroche très efficace, suivie d’effets.

(Pas avec ce monsieur, qui, à la question « vous aimez les histoires ? » m’a lancé d’un air entendu : « Oui, mais les histoires grivoises… » J’ai adoré la réplique, et en plus, je savais vers qui orienter mon égaré !)

En revanche, j’ai aimé « moyen » :

« Je n’ai pas d’argent sur moi, je l’ai laissé dans la voiture. » (L’imprudent, impudent, me repasse devant, une heure plus tard, les mains dans les poches, on lui a sûrement fracturé la portière pour qu’il tire cette tronche de désespéré !)

« Je vais voir si ma femme veut bien l’acheter, moi je n’ai pas de sous » (encore un brimé fauché)

Et pour finir une petite rafale :

« C’est bien écrit ? C’est vous qui l’avez écrit ? Ça se lit facilement ? Je n’ai pas beaucoup de patience, vous savez ! »

HEUREUSEMENT, LES AUTEURS EN ONT À REVENDRE, MÊME QU’ILS NOTENT TOUT CE QU’ILS ENTENDENT POUR LE METTRE DANS LEURS BOUQUINS, OU SUR LEUR BLOG ! C’EST DE BONNE GUERRE, NON ?

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Pour plus d’info sur le village de St Martin, et ses multiples activités, cliquer ici.

Si vous y allez, ne manquez pas la librairie du Mercantour, La Vagabonde, car c’est une vraie libraire qui la tient, pas une marchande de papier ! Et la médiathèque aussi vaut le détour.


lundi 8 août 2011

MY DAUGHTER’S CHOCOLATE CAKE


When she was younger, my daughter was already good at making chocolate cakes of the kind that kids were taught to bake at school - back in the days when cooking and such manual activities had not been erased from the curriculum. Budget cuts, they call it.

Gone, along with the school kitchens and the teaching of home economics ; and how I enjoyed working with the teachers of that subject !

The cakes my daughter concocted were of the simple kind, as the teacher knew that simplicity might instill in their students the desire to keep baking.

There was one in particular that my daughter had learnt to make, and it was just delicious. She was the only one to make it in the family, though my mum did occasionally steal the recipe !

We loved it and gave it little chance to go stale in the fridge.

Then she forgot all about it, and so did we.

And then, she stopped preparing anything tasty for a long while, and stopped cooking algother. She neither wished to cook, nor to bake, nor to share anything pleasant, for that matter.

And then, ever so slowly, she regained her strength, her energy, her lovely smile and her taste and lust for life.

That is how, by a beautiful, warm summer evening and by candlelight, she placed a pure marvel of a spicy chocolat cake, a perfectly beautiful and deliciously sweet treat in front of us. It was just perfect, unrivalled, and was gone in no time – our whole party were seduced, and moved by the gift.

So, one more time, I shall say thank you – thank you for the sweet present, so much richer in feelings than in the amount of butter, sucre, eggs and flour that went in it. I shall thank the talented pastry cook, and of course, thank whoever invented chocolate in the first place!

You want the recipe? Well, I guess you’ll have to switch to French for a minute, and click here, and never mind the advertising. But if you are really interested, I’ll translate it for you – with a warning : you’ll have to share it with someone you love to fully appreciate its taste.


vendredi 5 août 2011

Le gâteau au chocolat de ma fille

Déjà petite elle faisait des gâteaux au chocolat.

De ceux que l’on apprenait à réaliser au collège pendant ces cours, dits de « technologie » dont je me demande s’ils existent-ils encore, ou s’ils ont été évacués avec les cuisines pédagogiques et les professeurs d’éducation sociale et familiale, avec qui j'ai tant aimé travailler.

Des gâteaux du genre simple à concocter, dont le professeur savait qu’ils pourraient donner envie aux enfants de continuer à faire de la pâtisserie.

Celui que ma fille avait appris à faire était fameux. Elle seule le préparait, de temps à autre, on l’adorait, on l’engloutissait vite fait, et puis elle l’a oublié… et nous aussi.

Et puis, elle n’a plus rien cuisiné de bon pendant longtemps, ni cuisiné tout court. Plus envie, ni de cuisiner, ni de pâtisser, ni de partager, ni de rien.

Et puis, lentement, elle a repris des forces, son énergie, son beau sourire, et le goût à tout.

Et c’est ainsi qu’en ce beau soir d’été, elle nous a régalés, à la lumière des bougies, d’une merveille au chocolat et aux épices, d’un délice sucré, épicé, parfaitement réussi, moelleux à souhait, sans rival. Dévoré, il a été dévoré, par une tablée ravie.

Alors, une fois de plus, je dis merci : merci de ce cadeau sucré, tellement plus riche de sentiments que des cuillerées de beurre, de sucre, d’œufs et de farine qui le composent. Merci à la pâtissière talentueuse, et bien entendu, merci pour le chocolat !

Pour en connaître la recette, cliquez ici (PUB !) – mais pour en saisir toute l’émotion… un clic ne suffira peut-être pas… Il faudra vous y coller, avec quelqu'un que vous aimez !