En vol

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vendredi 28 octobre 2011

LA RETRICOTEUSE, LES RECETTES, ET HISTOIRES FLOUES EN SORTIE PÉDAGOGIQUE !


Ce fut une belle semaine !

Oui, car j’ai eu l’occasion de faire découvrir Marseille, et Nice, à tous mes bébés littéraires.

À Marseille, j'ai emmené ma triplette visiter une fête du livre, et à Nice, le Musée de la Résistance Azuréenne, histoire de varier les genres.

Inversement, je les y ai exhibés avec une certaine fierté, car leur couverture est très jolie, et parfois on m’a demandé de la soulever pour voir ce qui se cachait dessous, avant de les kidnapper. J’ai adoré les voir partir avec tous ces gens bien intentionnés.

En plus, il est merveilleux de constater à quel point les rencontres littéraires sont drôles, et riches en émotions.

Moi qui ai enseigné pendant de nombreuses années, je peux garantir que ces occasions-là sont aussi amusantes et instructives que de corriger des copies, ou que d’assister à des réunions parents/profs.

D’abord, et comme vous avez pu le constater précédemment, on y trouve pas mal de perles.

On passe beaucoup de temps à expliquer tout un tas de trucs, on est diplomate, pédagogue, on cherche à comprendre celui ou celle qui est en face de soi, et si, parfois, on s’aperçoit que cela n’a servi à rien, on persévère avec le même enthousiasme.

Ensuite, vous pouvez être sûrs que les auteurs (se) posent les mêmes questions que de nombreux profs :

Est-ce que cela va marcher ? Mon travail en amont portera-t-il ses fruits ? Est-ce que je saurai contrôler les prises de parole intempestives des intervenants ? Est-ce que j’aurai le temps d’aller manger un petit truc entre deux ? À quelle heure ça finit ? Qui me payera mes frais de déplacement ? Le chef / inspecteur sera-t-il content ?

Tout comme mes anciens collègues, nous autres, auteurs, tentons de vendre notre camelote en allant à l’essentiel :

« Vous verrez, cela vous plaira, puisque vous aimez ce qui est nuancé... »

« Je suis sûre que vous avez le sens de l’humour… »

« C’est très facile à comprendre… »

Pareil qu’au lycée, quand un truc marche, on en parle à tout le monde, en poussant de grands cris de joie, et de pseudo-étonnement. Et si un collègue a de meilleurs résultats que soi, on le congratule bien fort, tout en pensant « Comment il a fait celui-là, quel démagogue ! »

Bon, allez, j’admets que j’en fais un peu trop, là – dans l’autocritique?

Mais, c’est que j’oublie de dire que la métaphore peut être filée encore plus loin :

Il arrive que les auteurs soient notés !!! Oui, sur 10, comme à l’école primaire ! Parce que les lecteurs, tout comme les élèves, ont le droit de dire, voire d’écrire, ce qu’ils pensent de notre travail, et parfois, ça saigne !

Cela s’appelle « une chronique littéraire ». J’en suis ravie, en tant que lectrice, car, au fond, il est utile d’être guidé dans ses lectures par quelqu’un qui s’est appuyé le boulot en achetant le bouquin avant vous, et qui, tel un prof’ pointera ce qui est à découvrir, ou pas, et pourquoi. Et en tant qu’auteur, eh bien… l’important n’est-il pas d’être lu, et étudié de près ?

J’ai beaucoup de chance. Cette semaine, j’ai réussi un examen de passage, j’ai même obtenu plus que la moyenne : 7,5/10 (ce qui fait 15 /20, autant dire une mention BIEN, faudrait pas l’oublier !) – et la prof’, je peux vous le confier, elle est exigeante, c’est pas le genre qui mâche ses mots. Elle est sympa, jeune, dynamique, mais si elle n’aime pas, elle le dit sans détours, et devant tout le monde encore. La honte !

C’est dire à quoi j’ai échappé…

Heureusement, elle n’a pas non plus remarqué que pour la couverture, j’ai triché, c’est pas moi qui l’ai tricotée. Sinon, elle m’aurait peut-être enlevé des points !

Bon. Alors, ma semaine a été bonne, finalement. Jugez-en ici.

Pour info ici, il y en a un qui m’aurait mis une encore meilleure note – mais vous allez dire que j’ai fayoté !


jeudi 20 octobre 2011

AUPRÈS DE MON ARBRE

Auprès de nos arbres, nous vivons heureux…

Oui, j’ai encore la chance, en regardant par la fenêtre de mon bureau, de voir danser dans la lumière orientale les branches lourdes de trois grands cèdres du Liban.

Ils accueillent sans discrimination les oiseaux de toutes espèces, tourterelles roucoulantes, pies jacassantes, et, naturellement, les merles chanteurs.

Ils nous protègent de la chaleur, de la rumeur qui, autrement, monterait de la ville, de la pollution, et même de la vue parfois disgracieuse des villas environnantes, et vice versa.

Ce sont des merveilles d’arbres, hauts de près de vingt mètres.

Ils n’ont qu’un défaut, aux yeux de ceux qui vivent encore plus haut : ils dissimulent une partie de « leur » vue mer.

Hélas, nous vivons dans une région où certains tueraient père et mère pour leur vue mer.

Tant que la gêne n’a affecté que les étages inférieurs, qui ne se plaignaient pas, rien ne s’est passé.

Mais à présent que la cime majestueuse de ces arbres vole un brin de panorama aux seigneurs supérieurs, ils n’ont cesse que de leur couper la tête.

Les hommes de l’art, convoqués les uns après les autres, donnent leur avis, et tous concordent : Il faut y aller avec précaution, car une taille trop drastique mettrait en danger leur vie même. Élaguons, dégageons, éclaircissons – mais de grâce, ne les décapitons pas. Même le service des espaces verts de la mairie, consulté, a répondu dans ce sens.

On me dit que les arbres attaqués à la tronçonneuse souffrent tant que leurs voisins feuillus en dépérissent à leur tour. Mais ce n’est peut-être que du délire de « tree-huggers », d’amoureux des arbres, et de la nature. De jardinier, quoi ! Si je le répétais en réunion de copropriété, je me ferais rire au nez par tous ces messieurs si sensés. Non, leur avis est clair et définitif, il faut les rabattre, sans aucune sensiblerie. Foin de l’esthétique, au diable les écolos, s’ils meurent, eh bien, ce sera tant mieux, on en sera débarrassé. Nous les avons plantés, nous avons le droit d’en disposer. Et tant qu’à faire, abattons aussi le grand chêne du jardin du voisin, il nous fait un peu trop d’ombre !

Pourtant, la chose votée, même sans réflexion, doit être exécutée.

Que faire ?

Continuer à se battre, pour que survivent des arbres plus que trentenaires.

Je persiste à penser que quelque chose se produira qui les sauvera. Que nous trouverons un compromis qui contentera tout le monde et son père.

Sinon - mais ce sera trop tard -, ce sont les pauvres bougres qui auront décidé la mort de ces géants qui, un jour, à leur tour, chanteront avant de casser leur pipe, dans un environnement désherbé, bétonné, gravillonné : « Auprès de mon arbre, je vivais heureux, j’aurais jamais dû le quitter des yeux ».

Cliquez donc ici pour vous remettre en mémoire cette merveilleuse complainte, si chargée de sens, et de bon sens.


jeudi 13 octobre 2011

C’ÉTAIT PAS MIEUX AVANT !

Ceci pour répondre à tous ceux et celles (dont je suis parfois, je l’avoue) qui passent leur temps à rougner, en affirmant que « C’était mieux avant » !

En effet, chaque jour nous avons envie de pleurnicher sur un passé idéalisé, dans lequel il n’y avait ni violence, ni incivilités. Un temps où tout était formulé de manière politiquement incorrecte sans que personne s’en offusque ; une époque où on était enrobé, et pas en « légère surcharge pondérale », ou bien aveugle, et pas « déficient visuel »… Vous voyez ce que je veux dire.

Alors j’ai envie de vous dire aujourd’hui ce qui m’est passé par la tête ces jours-ci et qui me fait affirmer que, non, « c’était pas mieux avant » ! Et pas seulement à cause du progrès technique.

Par exemple, avant, s’il vous prenait la fantaisie de faire du vélo en ville (sans casque, bien entendu), c’était carrément suicidaire. Maintenant, il y a de merveilleuses pistes cyclables le long de la mer, qui vous permettent d’aller de l’est de Nice vers ….l’ouest de Nice (!), sur un magnifique vélo bleu, en compagnie d’autres amateurs de roulettes en tous genres. En toute sécurité.

À ce propos, avant, pas question pour les petits enfants de faire de la bicyclette, du patin à roulettes ou de la trottinette sans se faire enguirlander par tout un tas de mémés en manteaux de fourrure qui considéraient que les mioches n’avaient qu’à aller s’amuser avec leur cerceau au square. Aujourd’hui, les familles sont les reines sur la Prom’ – un vrai régal dominical. Les rollers ont leur emplacement, et nous sommes nombreux à les admirer évoluer sans risque (pour nous !)

Dans le registre bambins, qui peut dire que ce n’est pas plus facile aujourd’hui de se déplacer en famille, avec de jeunes enfants ? Dans les restaurants, on leur propose des chaises hautes, dans les cinémas, des rehausseurs, et dans les centres commerciaux il y a des aires de jeux gratuites – avant, il fallait leur payer un tour de manège, ou de balançoire pour avoir la paix. (Je note tout de même que l’on ne fournit pas encore de bouchons d’oreilles pour les adultes dans ces mêmes lieux).

À peine plus vieux, ils passent le bac. Alors là, quel progrès ! Quand on pense que seuls 20 à 30% d’une classe d’âge le réussissait dans les années soixante, en s’estimant très honorés d’avoir une mention passable, aujourd’hui, pas de souci – tout le monde est sûr de l’avoir, à condition d’avoir assisté aux cours à peu près régulièrement. Quel bonheur de voir à la télé, année après année, ces éclats de joie collective devant les listes d’admission ! C’est juste* bien mieux maintenant, non ?

Eh, les filles de mon âge ! Laquelle d’entre vous ne se souvient avoir été expulsée de la classe pour cause de maquillage trop visible ? Pas question non plus de se mettre en pantalon les jours d’hiver, il fallait être en jupe et montrer ses gambettes en chaussettes. On n’avait froid ni aux jambes, ni aux yeux. Même moche, on se croyait belle, et on s’affichait. Maintenant, pour les moins jolies, et à tout âge, il y a une solution que nous n’aurions jamais envisagée alors : le voile intégral, qui dissimule à coup sûr nos bourrelets, notre acné post-juvénile, nos varices, nos cheveux raplapla et tout le toutim. C’est-y pas mieux, ça ?

Passons à la voiture. Tous ceux qui conduisent des automobiles à direction assistée, climatisées, etc… parlent de la 2CV de leur jeunesse avec des trémolos dans la voix, mais ils ont oublié comment ils faisaient un créneau (en soulevant la voiture pour la mettre dans l’alignement des autres le long du trottoir), et les bleus au coude qu’ils subissaient quand la vitre avant leur retombait sur le bras ! (À l’arrière, n’en parlons pas, rien ne s’ouvrait, roule et crève – de chaud).

Et la route ? Quelle galère, Paris-Nice en douze heures, sur une départementale quasi-déserte, truffée de dos d’âne et de nids de poule ! En cas de panne, il fallait attendre des plombes que le premier automobiliste passe, et s’arrête, pour nous accompagner gentiment au garage le plus proche. En cas de crevaison, il fallait sortir la roue de secours, qui avec un vrai pneu, était bien plus lourde à manipuler que les jolies galettes fournies de nos jours avec les voitures neuves.

Maintenant, qu’on crève ou qu’on tombe en panne, un appel et hop, dépannage et remorquage assurés dans la demi-heure (qui parle d’argent ?). De plus, on est sûr de ne pas s’ennuyer sur l’autoroute : en août, on y aura de la compagnie humaine, et canine, sur de belles aires de stationnement, des services en veux-tu en voilà… Et, pour finir, grâce au système de télépéage, on passe les bornes sans s’en apercevoir – quel merveilleux système de crédit !

Une autre chose que j’adore, ce sont les zones piétonnes. Qui a vu la Place Masséna, à Nice, il y a seulement six ans, et y retourne maintenant ne peut pas reconnaître l’endroit. Là où on ne s’entendait même pas réfléchir tant c’était bruyant, à présent, non seulement on s’en prend plein les mirettes, et souvent on y perçoit des musiciens de rue qui font preuve d’un tel talent qu’on se demande pourquoi ils ne jouent pas à Monaco, eux !*

On pourrait continuer longtemps à énumérer les avantages de notre belle époque. Nul doute que vous aurez plein de commentaires à ajouter. Lâchez-vous vite, en pensant au temps où une lettre bien écrite, sans fautes d’orthographe, mettait 24 longues heures à atteindre son destinataire – le courrier n’étant distribué que deux fois par jour -, alors qu’aujourd’hui on communique en un clic - et dans un langage si amusant à décrypter !

Ah, c’est sûr, « c’était pas mieux avant », même si ce n’est pas toujours mieux maintenant !

PS. J’ai failli oublier : C’est nettement plus sympa de pouvoir dire maintenant « c’est juste pas possible », ou « j’ai juste pas le temps » - au lieu de « je suis désolé(e) de ne pas pouvoir le faire ». Non ?

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* Pour me faire pardonner ma remarque un peu caricaturale de la semaine dernière concernant Monaco, j’attire votre attention sur ce blog, en anglais, qui nous précise que la ville n’est pas que la vitrine que l’on croit voir. Cliquez ici.


jeudi 6 octobre 2011

GRACIAS A LA VIDA

Tout d’abord, laissez-moi vous faire un petit cadeau, bien en rapport avec l’intitulé de ce blog. Cliquez ici.

Et maintenant, je vais vous raconter deux ou trois petites choses sur le concert de Joan Baez auquel j’ai eu la chance d’assister ce 4 octobre 2011 à Monaco.

Quoi, Joan Baez, à Monaco ?

L’idée en elle-même paraît absurde. Il n’y a aucun lieu au monde qui soit plus éloigné de son univers imaginaire que ce ghetto de nantis.

Ce n’est pas le genre de ville où l’on a l’habitude de voir des membres d’Amnesty International se tenir dans le hall d’une luxueuse salle de concert.

Ce serait plutôt le genre d’endroit où l’on s’attend à entendre la protestation émaner d’un malheureux éjecté d’un Casino où il aurait laissé ses derniers deniers.

Clichés ? Peut-être.

Mais on admettra tout de même que sur le Rocher, rares sont ceux qui peuvent imaginer vivre « sans possessions ».

Alors c’est un défi à l’imagination que de se dire que l’on va aller y voir se produire l’icône, l’égérie rebelle des années soixante.

Pourtant, nous y sommes allés, et, incroyable mais vrai, dans le hall de l’espace Grimaldi, il y avait cinq pétitions à signer pour Amnesty, à la demande de Joan Baez !

C’est vrai, la salle, comme il fallait s’y attendre, était remplie de vieux babas et d’ex- hippies, assis sagement à côté de ceux qui, ainsi qu’avait ironisé John Lennon, pourraient secouer leurs bracelets de diamants en guise d’applaudissements. Parfois même, les deux catégories se confondaient.

Le concert commença avec un brin de retard. Rien que parce que le Prince Albert était lui-même en retard. Je croyais que l’exactitude était la politesse des rois. Il semble que l’adage ne s’applique pas aux princes.

À peine fut-il assis (et chacun se dévissait le cou pour savoir avec qui il était venu), que les lumières de la salle s’éteignirent et ELLE entra en scène.

La magie opéra.

Pas d’emblée, toutefois. Il fallut bien deux chansons pour que notre Lady Joan accoutume sa voix aux écarts entre l’humidité de la côte méditerranéenne et la sécheresse causée par la climatisation.

Peut-être était-ce dû au calme de la salle, dont les applaudissements furent, au début, plus discrets que les limousines garées à l’extérieur.

Mais, après ces deux chansons, nous l’avons retrouvée, telle qu’en elle-même.

À chanter toutes les chansons que nous adorons écouter, encore et encore. Celles qui ont été écrites par Bob Dylan, par Leonard Cohen, et même par Johnny Cash – toutes celles dont nous connaissons les paroles par cœur, sans savoir en revanche que nous ne les avions pas oubliées, depuis tout ce temps.

Elle nous présenta son « orchestre » avec grâce : un musicien, dont les mains sont aussi magiques sur un clavier, et une guitare, que sur le merveilleux banjo qu’il utilise pour accompagner certaines chansons.

Et, à mi concert, elle nous fit son cadeau à elle.

Elle nous présenta une autre chanteuse. Quelqu’un dont, j’en suis persuadée, personne n’avait entendu parler auparavant. En tous cas, pas moi !

C’était une jeune Française, et Joan Baez nous prévint tout de suite qu’elle était trilingue.

Cette jeune femme, MARIANNE AYA OMAC s’est mise à chanter et à jouer de la guitare comme une vraie sorcière. Et c’est un compliment.

Flamenco ? Blues ? Rock ? Tzigane ? Toutes ces influences mêlées, plus sa voix, une voix… Un résultat inimaginable, indescriptible et renversant !

Et en plus, tout du long, on ne pouvait qu’être estomaqué par la générosité d’une star qui, elle, s’était mise en retrait à l’arrière de la scène, pour laisser sa protégée jouir pleinement de l’accueil chaleureux de ce public si exigeant. Après tout, la plupart avaient payé le prix pour écouter Joan Baez en personne, et voilà qu’on leur collait dans les écoutilles une invitée quasi-inconnue.

Qu’importe : un public sait reconnaître le vrai talent et l’émotion quand il les perçoit.

Ce fut le cadeau venu du cœur de Madame Joan Baez. Incomparable.

À vrai dire, il n’y a pas que les bijoux qui se sont trouvés secoués, quand Marianne sortit de scène ! Nous aussi ! Ce fut là un vrai triomphe, qui augure d’une belle carrière. Je la lui souhaite.

Et puis, Joan Baez reprit sa place, et puis, bien trop tôt à notre goût, elle annonça la fin du spectacle. Mais ce fut un faux départ. Elle revint pour de vrai, et chanta quatre autres chansons, et puis elle nous quitta avec l’élégance d’une hirondelle, fière et libre. Donna, Donna…donna…

C’est ainsi que nous la garderons pour toujours dans nos cœurs. « Rest forever deep in our hearts » Lady Joan – et pour clore, je ne peux que répéter : « Gracias a la vida, que me ha dado tanto » et, en particulier, de tels éclairs de pur bonheur.

*****

Voici donc, en bonus, le site de Marianne. Cliquez ici.

Et pour les vidéos, à ne pas manquer, cliquez ici.

Si vous souhaitez plus de détails sur la troupe de Joan Baez, c’est ici.




mercredi 5 octobre 2011

GRACIAS A LA VIDA

First I have a little present for you, here:

And now, let me tell you all about the concert I was fortunate to attend in Monaco on Tuesday, October 4.

Joan Baez in Monaco?

The idea itself is preposterous. No place can be more remote from her world than this secluded, exclusive ghetto for the wealthy.

This is not the kind of city where you often see Amnesty International members standing in the lobby of a luxurious concert hall.

This is rather the kind of place where protest usually takes place when someone, under some influence, has lost too much money at the Casino.

This is the kind of place where very few people indeed can imagine ‘living with no possessions’.

So, words fail at the very thought of going to see the icon of the rebellious sixties performing just there.

Still, there we went, and lo and behold, in the lobby, there were five Amnesty petitions to sign.

True, the house, as expected, was full of older former hippies sitting next to those who, as John Lennon put it, could shake their jewelry instead of clapping. Sometimes they were the same people.

The show started a little later than announced, because Prince Albert of Monaco turned up late. Punctuality is no longer the mark of the aristocracy.

The minute he’d sat down in his box, with everyone craning their necks away from the stage to take a peek at who he was with, the lights went off and there she came on the stage.

The magic worked.

Not in the first two songs, though. The lady needed to get her voice accustomed to the humidity of the Mediterranean shores, or maybe to the fierce air-conditioning. And maybe also to the quiet audience whose applause, at first, was more discreet than the automobiles parked outside the big hall.

But after these two songs, there she was, as in our dreams of old. Singing all the songs we like to hear over and over again. Those written by Bob Dylan, by Leonard Cohen, even by Johnny Cash - all those we know the lyrics by heart, but never knew we had not forgotten them over the years. Gracefully, she introduced ‘her band’: her guitarist-cum-pianist, whose hands are as magical on the guitar as on the fabulous banjo he played on some songs.

And, mid-show, she gave us a present.

She introduced another woman singer. Someone I bet no one there had heard of. A younger French woman, who, Joan Baez announced, is tri-lingual.

And this woman, MARIANNE AYA OMAC started singing, playing the guitar in a wizardly way.

Flamenco? Blues? Rock? Gypsy? All these influences were mixed in a marvelous way, and her voice… Wow!

What a voice!

Yet, all along one could not but be amazed at the generosity of the star who had then moved to the back of the stage, to let her protégée bask in the warmth of the welcome she was given by this so-fussy audience. After all, most people had paid a (fair) price to hear Joan Baez in person, and there they were, having been ‘forced’ to listen to an unknown guest star. Never mind – an audience can tell emotion and talent when they hear it and see it. And this was it: a gift from the heart of Ms Joan Baez. It beat everything.

Well, more than jewelry was shaken when Marianne left the stage! It was total enthusiasm.

And then Joan Baez came back into the light, and then, much too soon for us all, she said they were closing. But she didn’t, really. She came back for four more songs, and then left us with the grace of a swallow, so proud and free. Donna, Donna… Donna…

Just the way we remembered her, and will keep her forever and ever in our hearts.

Rest forever, deep in our hearts’, Madame Joan Baez - and indeed, ‘Gracias a la vidaque ma ha dado tanto, and in particular such flickers of pure delight.

As a bonus, here is Marianne’s site; it is in French, I am afraid, but the welcome song is in beautiful Spanish.

And please, don’t miss this on her site. Click here.

As for details about Joan Baez’s band, click here.