En vol

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jeudi 29 décembre 2011

LA PÊCHE À L’ESPOIR

La dernière semaine de l’année je me sens vraiment entre deux eaux. Pas vous ? C’est un étrange sentiment, quand on regarde déjà dans le rétroviseur de l’année presque passée, et que l’on n’a pas encore le sentiment que la suivante soit si près d'arriver. On en voit le numéro, pourtant. On s’essaie à en écrire les chiffres, affichés un peu partout : 2012. Oui, c’est harmonieux. Sûrement à cause des chiffres pairs, et de leur sonorité. La dizaine, riche en zzz résonne bien à nos oreilles. Essayez donc à voix haute : 2011 – 2012– 2013 – 2014 – 2015 – 2016 : ces années-là seront les seules à zézeiller ainsi à nos oreilles : jusqu’en 2091 vous n’aurez plus l’occasion de ronfler ainsi. ZZZ. ZZZ. Ça me rappelle les bandes dessinées, qui représentaient ainsi un flemmard à l’ouvrage, accompagné d’une scie en mouvement, dans une bulle. (D’où l’expression « buller », sans doute).

Buller, c’est bien ce que faisait le pêcheur hors champ, qui avait déposé ses cannes à pêche sur la plage, un jour de cette semaine si ensoleillée.

Chacune était solidement fixée entre quelques galets, au cas où un énorme poisson se prendrait à un hameçon, pour éviter qu’elle ne soit emportée au large avec son appât.

Lui, tranquille, il roupillait à distance raisonnable de sa pêche miraculeuse à venir.

Optimiste ou innocent ?

Cette semaine, j’ai lu tant de choses contrariantes sur internet, notamment sur le site de débat auquel je contribue parfois, (Newsring) que je me suis posée la question de savoir où mes contemporains allaient chercher tant d’agressivité envers tous ceux et celles qui ne partagent pas leur avis. Face à tant de certitudes ; tant d’aigreur systématique, de pessimisme … me concentrer sur mon thème de prédilection m’a paru difficile. Mais en prenant cette photo, et en la regardant maintes fois depuis, la paix m’est revenue.

Je me suis dit qu’à l’instar de ce pêcheur de la semaine, j’allais vous entraîner à la pêche à l’espoir : On nous serine que la mer Méditerranée est polluée à ne plus en voir une seule girelle ? On nous démoralise pendant des lustres avec l’algue tueuse (pour nous dire, presque en douce, cette semaine, qu’elle serait en train de disparaître toute seule) ? On nous déconseille de manger la moindre soupe de poissons au prétexte qu’ils ont, eux, bouffé des saloperies à en crever, avant même de sortir de l’eau ? Eh bien, mon pêcheur, il n’a rien dû écouter de tout cela. Il a posé ses cannes tranquillement, il a sorti son casse-croûte, sa bouteille de rosé, rempli son seau d’eau de mer. Et puis, la tête sur son blouson, il a piqué un roupillon en attendant que quelqu’un le réveille en lui demandant très bêtement :

« Alors, ça mord ? »

Et même si ça ne mord jamais, il aura, comme moi ce jour-là, eu de la mer plein les mirettes. Il aura eu les mouettes au dessus de la tête, et le soleil pour lui tout seul, et gardé pendant quelques heures cet espoir merveilleux que son seau serait finalement empli de jolis poissons de roche… Trop peu ou trop petits pour être cuisinés ? Qui sait, il les rejetterait peut-être à la mer avant de rentrer ce soir à la maison se manger un plat de spaghettis ?

Dans les deux cas, il aura profité de son optimisme, et de son innocence. Alors, face à 2012 qui se profile avec son lot de noirceur, je choisis de garder, et de regarder, le souvenir de ce beau cliché, d’en faire, en quelque sorte mon image-refuge : elle me sera fort utile par les temps de tempête que l’on nous prédit.

Elle vous plaît ma photo ? Je vous la cède, elle est libre de droits, et, surtout utilisez-la, sans aucune modération.

Sur ce, bon bout d'an, et bonne nouvelle année à tous et à toutes !


vendredi 23 décembre 2011

UN SOUVENIR BIEN CACHÉ

C’est avec émotion que je communique ici le lien avec la revue Los Muestros qui a publié mon article sur un épisode qui a eu lieu pendant l’occupation allemande, dans un village des Alpes-Maritimes, Saint Léger. Son histoire, en général, est trop mal connue du grand public.

Et dans le cadre de cette histoire, une en particulier méritait d’être rapportée. C’est, à présent, chose faite. Même si je ne suis pas historienne, ce sur quoi j’insiste, je crois à la force de la mémoire, et même si celle-ci est parfois floue (vous savez bien sûr à quoi je fais référence), on ne saurait manquer de partager un tel témoignage. Je remercie ici Marie-José qui me l’a confié, et Moïse Rahmani qui m’a encouragée à le rédiger.

Zoomez pour mieux lire, et attendez la suite, au prochain numéro !

Et surtout, pour en savoir plus sur Saint Léger pendant la guerre, cliquez ici, vous y lirez l'article passionnant de Michèle Merowka.


mercredi 21 décembre 2011

IN HAZY ZONES & HISTOIRES FLOUES

Aujourd’hui, choisissez votre version.

Today, pick your own version.

Une traduction est un travail délicat et exigeant.

Translation is a delicate and demanding task.

C’est pourquoi je n’aurais jamais eu le courage de traduire moi-même mes Histoires floues.

This is the reason why I would never have undertaken the translation of my own stories. Too much like hard work !

Et puis, rien que sur quatre lignes, je réécris !

And, lo and behold, I can’t help re-writing, even when dealing with four lines!

Et c’est la seconde raison pour laquelle je suis reconnaissante à Katy Scrogin d’avoir accepté de les traduire en anglais américain, une langue qu’elle maîtrise bien mieux que moi, forcément, c’est la sienne, et je vous épargnerai les débats autour des choix à faire entre les différentes variantes (anglaise, américaine, canadienne ?) – cela nous a occupées un bon nombre d’heures au téléphone et par emails. Mais on se parle toujours !

This is the other reason why I am particularly grateful to Katy Scrogin for having agreed to translate them into American English. Being a native speaker, she obviously masters the language far better than I do, and I shall spare you the discussions we had about which phrases we should choose from the different options (British, American, Canadian ?) – it has kept us busy for a good number of hours over the telephone and via emails. But we are still on speaking terms!

Allez, je ne vais pas vous faire languir plus longtemps.

Le livre est sorti, en anglais, il est là. Sa couverture est un peu pâle. Mais elle sera plus belle de l’autre côté de l’océan, un de ces jours…

So, don’t let me keep you waiting too long. The book has finally come out in English.

You can find it here. Its cover is a bit dull, better to be livened up when the paper version finally reaches the other side of the pond, hopefully one of these days…

Vous pouvez en lire 50 pages, tranquillement, histoire de réviser votre anglais.

You can even read 50 pages, by clicking on ‘lire un extrait du livre’.

Bonne lecture !

Enjoy!


vendredi 16 décembre 2011

MERCI MERCI



Cette accroche paraît répétitive, mais en ces temps de courses folles, j’ai eu envie de vous faire connaître, ou redécouvrir, un endroit à Paris qui vaut le détour. À l’usage de ceux et celles d’entre vous qui :

1) sont à court d’idées de cadeaux

2) ont envie de sortir des sentiers battus

3) ne rechignent pas à dépenser beaucoup d’argent pour ceux qu’ils aiment

4) sont ravis de croiser parfois des célébrités très sympathiques (et bien plus discrètes que la dame que j’ai décrite la semaine dernière, me dit-on).

5) désirent découvrir l’univers hyper branché où les mêmes choisissent de faire leur petit shopping de Noël

6) last but not least, souhaitent faire une très bonne action…

Je recommande la boutique MERCI, située 111 Bd Beaumarchais, à Paris dans le 3ème arrondissement. Elle a été créée à partir d'un concept inhabituel, mais très simple en fait : Il s’agit tout bonnement, une fois payés les salaires et les taxes, de reverser les bénéfices des ventes à des associations caritatives qui ont pour but d’aider des enfants défavorisés, à Madagascar en particulier.

Ceci étant, le magasin fonctionne comme tout autre endroit qui vend des produits au public, sauf que ceux-ci sont sélectionnés avec flair, et un goût parfaitement rigoureux, par un directeur artistique de très grand talent, et que la sélection y est constamment renouvelée. On y trouve, sur 1500 m2, des créations contemporaines de toutes sortes. Des meubles et des vêtements, neufs et vintage ; des objets pour la maison, de la papeterie, un espace livres d’occasion, un café, et, au sous-sol, un restaurant délicieux, ravissant et très abordable. L’endroit est spectaculaire, et, ce qui ne gâche rien, l’accueil y est d’une gentillesse rare.

Pour tous ceux d’entre nous qui ont déjà donné des sous à diverses associations, en échange de (je cite en vrac) :

- vignettes auto collantes comportant nos nom et adresse (souvent orthographiés de manière fort fantaisiste)

- cartes de vœux du genre plus-kitsch-tu-meurs

- sachets de sel réhydratant, à ne pas confondre avec des sels de bain

- pandas en peluche, à ne pas donner à des enfants de moins de 20 mois

- mini béquilles fabriquées en bois d’allumette

- calendriers, réalisés par des artistes qui peignent avec leur bouche et leurs doigts de pieds…

Pour ceux qui pestent à l’idée de perdre les attestations qui leur permettront une déduction fiscale, au moment où ils auront tout oublié de leur don.

Pour ceux qui se sentent coupables de jeter à la poubelle tous les objets de la liste ci-dessus, en même temps que les imprimés et les enveloppes T qui les accompagnent, mais qui voudraient tout de même « faire quelque chose »…

Pour les fauchés, qui ne pourront que regarder ce qui s’y trouve… (Et puis quoi, on va bien dans les musées du design, alors pourquoi pas dans ce temple de la branchitude, dont l’entrée est, pour le coup, gratuite ?)

Pour les provinciaux en week-end à Paris, et pour les Parisiens qui se croient blasés.

Pour tous ceux-là, et les autres, une visite chez MERCI sera un vrai bain de jouvence, une immersion dans le monde de ceux qui donnent pour le plaisir, avec plaisir, en se faisant plaisir. Pas mal, cette philanthropie, par les temps qui courent. Ça vaut peut-être le coup de dire merci. Deux fois.

Pour en savoir plus, et avoir une visite guidée, cliquer ici, et ici.

Et voir aussi la sélection cadeaux fun de Jewpop, là.

... et celle de Marie Claire Maison…

Et que cela ne vous empêche surtout pas de continuer à donner aux différentes associations auxquelles vous êtes attachés. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit !