En vol

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dimanche 27 décembre 2015

Ces PRODIGES qui nous sauvent.


Considérez la situation suivante :
Vous vous promenez paisiblement en ville par un dimanche après-midi ensoleillé, quand soudain un individu bien imbibé se précipite sur vous, plein de fureur et de hargne. Il vous invective, vous crache son mal de vivre et sa noirceur à la figure, menaçant de vous déstabiliser, voire de vous effrayer. 

Que faire ? Presser le pas, tenter de ne pas le laisser gâcher le souvenir de la mer bleue et du moment de bonheur passé avec de bons amis rencontrés par hasard ? Lui rétorquer que le trottoir appartient à tout le monde ? L’ignorer ?... Hélas, la face sombre de l’humanité est toujours prête à surgir, malveillante, ignorante, nocive.

Mais, en fait, peu importe la présence des méchants de ce monde. Vous détenez un remède magique qui vous permet de les ignorer, de les laisser mariner dans leur laideur nauséabonde : le souvenir de la magie de la soirée du samedi 26 décembre, et des prodiges découverts, où ça ? Mais à la télé, tout bêtement !
Vous en mobilisez les images, et toute cette noirceur disparaît dans l’instant : c’est de l’ordre du PRODIGE, on en conviendra !

PRODIGES (au pluriel), l'émission ?

J’avoue ne pas raffoler de ce genre de shows, concours de miss, de toutous bien dressés ou de graines de chefs. Je ne les regarde jamais. Cette fois-ci, pourtant, je me suis laissé accrocher par la bande annonce, et j’ai bien fait.

Pour ceux et celles qui n’ont aucune idée de la teneur de cette émission, j’en résume le propos : trois groupes, composé chacun de 4 ou 5 jeunes artistes (chanteurs lyriques, instrumentistes et danseurs) ont été présélectionnés pour se produire devant un jury composé d’une chanteuse lyrique (la soprano – niçoise ! – Elisabeth Vidal)...


...d’un musicien (le violoncelliste Gautier Capuçon


...et d’un danseur étoile (Patrick Dupont).

image prise sur ce site

Présentés avec beaucoup de naturel et de respect par la soprano Marianne James,


...magnifique maîtresse de cérémonie, ces jeunes artistes occupent tour à tour la scène du Grand Théâtre d’Albi.

Chacun d'entre eux est observé avec attention par ces trois immenses professionnels, qui lui donnent leur impression, à chaud, une fois leur performance achevée.

Au terme du passage de chaque groupe, le meilleur est récompensé par l’attribution d’une bourse d’études d’un montant de 10 000 euros. À la fin de la soirée, un seul des trois finalistes est sélectionné : c’est lui le grand gagnant. (NB : Mettez vous-même la phrase au féminin !)

Bon, je vous sens dubitatifs. Le coup des enfants prodiges, ça vous laisse froids.
Je comprends. Mais, mais... – je vais expliquer pourquoi cette soirée s’est révélée magique, et en regardant, même furtivement, quelques images, je parie que vous serez conquis à votre tour.

Tout d’abord, ce qui m’a paru extrêmement touchant, c’est le regard des trois jurés sur ces jeunes artistes talentueux. Observer leur attention, leurs gestes, leurs expressions, les écouter exprimer leurs encouragements, leurs conseils et entendre leur enthousiasme s'est révélé être une magnifique leçon d’humanité, et d’enseignement. Quel rêve cela doit être, que de travailler sous la houlette de tels professeurs !

Chaque prestation a été précédée d’un court portrait, au montage efficace, de l'artiste sélectionné. Leurs âges s’échelonnent entre 8 et 16 ans. Ils sont tous différents, bien sûr, mais tous attachants dans leur spontanéité maîtrisée.

Enthousiasme, joie de vivre, capacité de travail, dévouement, motivation et générosité transpiraient de chaque geste, et de chacune de leurs paroles. Quel rêve cela doit être, que de leur enseigner son art !

Et pour finir, quelle émotion vous prend, à les regarder donner le meilleur d’eux-mêmes en ce moment d’exception, sous le regard ému de leurs parents, de leur famille, et de leurs professeurs.
Maintenant, donnez-vous le temps de savourer...

La prestation d’Hakob, un chérubin parfait. C'est ici

La prestation d’Elisa, harpiste auprès des anges. C'est là

La prestation de Melvin, qui danse pour faire oublier à ses parents qu’ils sont en fauteuil roulant, et qui est le vainqueur de la soirée. C'est ici. 


Toutes ces images positives ne peuvent que vous coller à l’âme et vous remplir de bonheur pour des jours et des jours.

Alors oui, c’est peut-être ringard, mais j’assume : j’aime ces « prodiges » parce qu’ils sont ce que l’humanité a de meilleur et que, grâce à leur énorme travail, et à leur belle âme, ils sont ceux qui la sauvent, qui nous sauvent.

Merci à eux tous et toutes de nous avoir ainsi transportés dans un monde de beauté artistique absolue.


Ici, et pour conclure, vous aurez pendant une semaine la possibilité de voir cette émission du 26/12 si, par mégarde, vous l’avez manquée. Vous y verrez la performance de ceux et celles que je n'ai pas cités, mais qui ont donné une tâche très ardue aux jurés : celle de choisir. 

ENJOY!


5 commentaires:

  1. Ah texte génial comme d'habitude ..C'est exactement ce que j'ai ressenti en regardant une émission QUI FAIT DU BIEN.....J'avais déjà regardé celle de l'année dernière et j'avais adoré...Merci CATHY
    Georgette

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  2. C'était la deuxième émission du genre. D'où une petite expérience. Contrairement à ce que pouvait laisser craindre l'émission intermédiaire destinée à mettre en valeur les artistes de la 1ere émission (une catastrophe) celle-ci a tenu ses promesses.
    Les critiques que je formulerais sont les suivantes :
    - époque de programmation : entre fête et fête, soucis divers et variés, ce n'est pas un moment propice à l'admiration
    - G. Capuçon disait très justement que cela pouvait servir à susciter des envies, des vocation et à attirer un nouveau public (et j'ajouterai : à motiver nos jeunes artistes) . Si cela se passe ainsi, pourquoi ne pas diffuser dès que la sélection est faite et l'émission réalisée (celle-ci l'était en septembre) Pourquoi ne pas accompagner un mouvement.
    - il faut rester sur le terrain pur de la création artistique et évacuer tout le reste (toute autre considération, comme celle qui a pu, manifestement, présider au choix du lauréat 2015)
    - ces enfants ou adolescents ne sont pas soutenus par une institution. C'est d'autant plus beau que c'est individuel et sincère. Alors tout ce qui concourrait à les écraser ou à ne pas être à leur écoute et leur service serait dommageable. Attention à l'excès de show. Le show, rien de neuf, on connaît par cœur.
    jean-louis

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    1. Merci de ces commentaires si détaillés. Personnellement, je trouve la date bien choisie pour un événement aussi festif, mais je le regarderais à un autre moment aussi !

      Ce n'est que la 2ème édition, en effet, le spectacle va prendre son rythme et ses marques, et aller en s'améliorant...

      Je suis d'accord qu'il faut rester sur "le terrain pur de la création artistique", et je n'ai pas senti qu'il en allait autrement à voir l'émotion intense que Melvin a provoquée chez les 3 jurés. Nous ne pouvons être certains de ce que ceux-ci savent des compétiteurs, l'émission étant enregistrée, et les portraits montés entre les prestations des jeunes artistes. (Si c'est à cela que vous faites référence, Jean-Louis).

      Mais ainsi qu'une amie me l'a fait remarquer, 3 prix seraient suffisants, il est difficile de mettre ainsi en compétition trois disciplines, pour ne retenir qu'un seul "gagnant".
      Les 3 finalistes auraient mérité le podium suprême !

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  3. Je n'ai pas regardé cette émission car les jeux de société l'ont emporté sur la télévision. Toutefois, je suis ravie d'avoir pu lire ton commentaire,qui donne effectivement envie de voir ces jeunes prodiges,qui montre que notre société n'est pas aussi moche et triste que beaucoup le croient et qu'il faut profiter de toute occasion propice au rêve et à l'évasion. Le rêve, on peut en trouver partout en regardant bien autour de soi. Merci encore aussi de faire partager la beauté de ton écriture : la lecture, quelle magnifique évasion !!!

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  4. Carpe diem Cathie. Cela ne va pas rester longtemps sur le web. (à part des prestations particulières).
    Pour faire écho à l'article, je dirais que c'est rare de réunir : fraîcheur et émotion de la jeunesse, (ah, Angélique !) génie des morceaux interprétés, célébration de vrais et juvéniles amateurs, communion à peu près réussie de toute l'équipe.
    Bref, un moment magique qu'il faudrait préserver.
    Mais je le répète : la plupart ou tous ces jeunes, presque autodidactes, abandonneront la carrière tant elle est difficile et exigeante. Il y a une mission d'amour à prendre en charge. (bien la bourse, aller plus loin)
    jean louis

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