En deuil

En deuil

mercredi 26 avril 2017

REMÈDES MIRACLES ET CONFIANCE AVEUGLE...


Ces derniers temps, et vous avez dû le noter comme moi, nous avons été submergés par une vague de publicité pour un laboratoire pharmaceutique, dont je tairai le nom pour ne pas rajouter à sa notoriété. 
Moins drôle que celle évoquée précédemment pour les vérandas, celle-ci attire notre attention sur la confiance quasi-aveugle que nous devrions manifester envers cette entreprise toute dévouée à la  santé publique. 

Tout d'abord, l'argument m'a paru ridicule : imaginez-vous en train de sortir de chez votre médecin, ordonnance en main, pour remarquer que celui-ci, ou celle-ci, a spécifié le nom du laboratoire en regard de ceux des médicaments prescrits (ce qui lui est interdit, je le signale au passage).

Imaginez-vous ensuite aller poser la question à votre meilleure copine de savoir si elle a déjà consommé des produits sortis de ce même labo, et qu'elle vous explique comment en prononcer le nom, et que là, vous soyez rassurée au point de ne plus jurer que par ce fabricant. Lequel se trouve être le plus important en matière de médicaments génériques, et à la pointe de la promotion de ces derniers en France. 

À ce stade-là, le sourire me quitte, remplacé par un questionnement insidieux : à qui profite ce matraquage publicitaire, et qui le commandite ?  Il n'est jamais dit clairement que ce laboratoire propose des médicaments génériques. Ni que la "santé publique" a tout intérêt à faire des économies en les promouvant. La mention du ministère de la santé n'apparaît d'ailleurs nulle part, ni non plus celle de la sécurité sociale. Il nous est juste demandé de faire confiance à ces produits, puisqu'ils ont si bien soigné et guéri le fils de la copine de la nénette nunuche qui se posait des questions, dans la pub. Avouons que, même si c'est vrai, l'argument est plutôt léger !



Cependant, en y réfléchissant, je trouve que cette publicité éclaire la situation politique du moment, et la tentation qu'ont certains de se fier naïvement à des remèdes prétendument miraculeux, et économiques, au prétexte que quelqu'un, quelque part, connaît quelqu'un qui les a expérimentés. 

Grâce  à  un habile matraquage publicitaire, ces gogos se trouvent convaincus qu'une telle les guérira de tous leurs maux, qu'on peut lui faire confiance les yeux fermés, que tout sera moins cher et plus efficace avec elle, d'ailleurs c'est la copine de ma copine qui me l'a dit et ça lui a réussi, pas vrai ? Or les rumeurs ne naissent pas autrement. 



Réfléchir avec sa tête pour savoir s'il y a vraiment jamais existé de remède miracle durable à quoi que ce soit, et s'il ne vaudrait pas mieux être réaliste en faisant confiance, un peu, rien qu'un peu, sans aveuglement, à ceux qui ne vous promettent pas la lune, sans pour autant s'enfermer dans un très petit système national –  c'est sûr, c'est moins séduisant. 





Pourtant, avec une gratitude anticipée, je veux bien croire que ce sont ces derniers qui auront gain de cause, et que nous serons très nombreux à convaincre nos concitoyens de ne pas se laisser contaminer par la peste, quelle que soit sa couleur actuelle. Le médicament pour cela existe, il s'appelle la réflexion, et il est gratuit. On n'a même pas besoin d'être tombé dedans quand on était petit pour qu'il soit efficace !


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Pour clore ce billet métaphorique sur une note plus ludique, je vous invite à un nouveau retour sur un magnifique conte de notre enfance, dans lequel il est rappelé que patte blanche peut être trompeuse :  ICI.  





samedi 8 avril 2017

AVEC "VU PAS VU" : UN AUTRE REGARD SUR LE BOULEVARD DUBOUCHAGE


Cela fait longtemps que je souhaitais publier un billet de blog au sujet de l'association niçoise VU PAS VU, car ce qu'elle propose en matière de découvertes artistiques est remarquable de qualité. Interviennent à sa demande de nombreux et brillants conférenciers ; elle organise des visites privées de musées en dehors des horaires d'ouverture, d'ateliers d'artistes, et offre de nombreux autres plaisirs esthétiques qui ravissent les amateurs d'art. Je vous engage à en découvrir ses diverses offres à la fin de ce billet, qui sera dédié à une balade étonnante le long du boulevard Dubouchage, à Nice. 

C'est Véronique Thuin-Chaudron, professeur d'histoire à l'université de Nice-Sophia Antipolis, qui s'est chargée, avec son enthousiasme habituel, de faire découvrir à un auditoire délibérément limité en nombre les merveilles de l'histoire architecturale de ce prestigieux boulevard. Sous forme de conférence illustrée pour commencer, puis en le parcourant à pied. 




Rectiligne, bordé de platanes, le boulevard Dubouchage devait être une frontière (temporaire !) à la ville telle qu'elle se dessinait au milieu du 19ème siècle, séparant le triangle que formait la vieille ville de la campagne environnante, au nord. Au-delà, en effet, ne se trouvaient que des propriétés rurales, encore encloses de murs, au grand dam des nouveaux propriétaires fortunés, qui souhaitaient pouvoir se promener partout librement. Mais le long de cette artère rectiligne (au contraire des rues existantes) se sont édifiées de superbes demeures, conçues par des architectes de renom, mais aussi par des petits constructeurs locaux, qui eurent le flair de les bâtir, souvent au bénéfice d'un seul propriétaire, voire d'eux-mêmes. C'étaient des "immeubles de rapport" qui, en effet rapportaient gros à leurs bailleurs, les faisant ainsi monter très vite dans l'échelle sociale. À noter que par prescription du Consiglio d'Ornato, une avant-cour plantée, large de sept mètres, devait séparer l'immeuble du trottoir. 

En 1891, c'est toutefois une tête russe quasi-couronnée qui achète une de ces prestigieuses villas (comprendre ici un gros immeuble, destiné à une seule famille). Il s'agit de S.A.S la princesse Catherine Mikhaïlovna Yourievskaïa, l'épouse morganatique de l'empereur Alexandre II, qui vient d'être assassiné – en 1890. 

L'édifice, situé au numéro 10 du boulevard Dubouchage, se nomme alors "La Villa Sainte-Anne". Catherine la rebaptise "Villa Georges", Georges étant le saint patron de la Russie et des Romanov. 

Si ce nom ne vous dit rien... je vous engage à revoir le film qui a été réalisé avec Romy Schneider (ahhh) et Curd Jurgens (ahhh - ahhh) : Katia






La belle Katia donna au tsar quatre enfants. Il l'épousa après la mort de son épouse impériale, mais hélas lui-même mourut assassiné l'année suivante. Regardez comme elle avait l'air doux, et triste : 



Trêve de romantisme... venons-en au but, à savoir la promenade promise sur ce fameux boulevard. 
À peine avions-nous fini d'admirer un bâtiment de style éclectique situé à l'angle de la rue Delille, et en face de cette fameuse Villa Georges, que nous avons noté la grille ouverte de cette dernière, et un va et vient d'ouvriers du bâtiment. 

Et là, par un de ces petits miracles que la vie nous réserve parfois, nous avons pu pénétrer, grâce à l'amabilité du chef de chantier et à la séduction naturelle de notre guide enthousiaste, dans l'enceinte de la Villa Georges. C'est son rez-de jardin qui est en travaux, afin de restaurer au mieux les 250m2 qui ont été fort endommagés par le temps, et peut-être par des habitants peu soucieux de son illustre passé. 

La Villa Georges hier et aujourd'hui 
(image prise sur ce site)

C'est un chantier... aujourd'hui plein de gravats et de débris de papiers peints d'origine (fort appréciés d'un artiste de ma connaissance). Mais les volumes imposants, les parquets, les moulures intactes du plafond sont prometteuses. Une fois l'endroit rénové avec soin – par et pour un Russe, ce qui ne me paraît pas scandaleux, en l'occurrence –, il sera magnifique, nul n'en doute. Et il me semble que nous serons quelques privilégiés à pouvoir en admirer le résultat...  








Au moment de quitter les lieux, une habitante de la maison nous adresse la parole, sur le trottoir. "Cette entrée que vous voyez était celle des domestiques. Avant, les maîtres entraient par le côté, à présent inaccessible". 





Je lui demande la permission d'aller jeter un coup d'œil à cette entrée, dominée par une imposante marquise. De fait, les carreaux noirs et blancs du sol ne sont pas remarquables, ni non plus le petit lustre en verre dépoli de style Art-déco. Les marches de marbre gris n'ont rien d'exceptionnel. En revanche, la volée d'escaliers et l'ascenseur sont impressionnants. "Il y a 4,70m sous plafond" me confie la dame. 

Je n'ose pas lui demander de m'inviter plus avant, cette intrusion dans un monde empli de fantômes m'a suffi. Il me semble remonter dans le temps... quand ma propre grand-mère russophone, arpentait ce boulevard, fréquentait le salon de musique de l'Artistique, et écoutait sans doute le récit de la vie de cette princesse, morte peu de temps avant que ma famille ne s'installe à Nice. Ce, en un temps où se fréquentaient avec grande nostalgie de la langue et de la culture russes des émigrés qui ne se seraient sans doute jamais adressé la parole "au pays".  

Et j'ai aussi une pensée particulière pour le "Comité Dubouchage" qui, pendant les années noires, a tenté par tous les moyens de subvenir aux besoins des Juifs nécessiteux, de fournir les faux papiers nécessaires à leur survie, aidé en cela par le diplomate italien Angelo Donati. (Cliquez ici pour en savoir plus.)  

Ma ville est belle. Je ne me lasse pas d'en découvrir les secrets et, à l'instar de la passionnante Véronique Thuin-Chaudron, de chercher toujours à en connaître davantage sur son histoire cosmopolite qui en a fait une ville accueillante – et heureusement métissée, n'en déplaise à certains. Sans ces mécènes de goût, et nombre d'ouvriers passionnés, nous aurions sans doute encore tous les "cagadous" dans la cour, et boirions l'eau du Paillon ou, au mieux, celle du puits. Berk. 

Le passé est merveilleux, mais surtout quand on le regarde ... aujourd'hui !

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VU PAS VU. Pour tout voir, y compris ce qui est souvent caché, et ne pas dire : "Je ne savais pas !" 

Notez que la prochaine promenade nous emmènera, le 13 mai, à découvrir le boulevard Carabacel.







jeudi 30 mars 2017

LES MOTS ABSENTS DU DISCOURS

Dans la série "j'observe ma langue au quotidien", il y aurait de quoi écrire en ce qui concerne la négation, ou plutôt la négation de celle-ci, dans le discours des hommes (et femmes) politiques. 


On ne peut que s'étonner, en effet, de l'absence quasi-systématique de ce petit n, avec ou sans apostrophe. 

jeudi 16 mars 2017

FRUITS CONFITS & FRUITS SECS, LES DÉLICES DE SALEYA.



Si vous vous promenez à Nice sur le Cours Saleya, vous ne manquerez pas de remarquer le magnifique stand de fruits confits, et de fruits secs de M. Bergougnoux – qui se situe juste à côté de la sortie ouest du parking sous-terrain. 

Vous vous poserez sûrement la question de savoir si les gourmandises exposées sont vraies ou fausses, tant elles sont colorées et attrayantes !

Étant friande de ces produits, et cliente depuis longtemps, je me suis enfin armée de mon dictaphone afin de poser quelques questions pertinentes (bien sûr) à ce monsieur. Et puis, mon appareil ne m’a pas obéi, ou alors je n’ai pas su lui parler comme il faut, alors je vais broder ici à partir de ce qu’il m’a confié.

Cela fait 29 ans que cet Auvergnat (les fidèles de Gratitude comprendront que cette origine m’importe, et me touche) tient ce joli stand. Qu’il vente, qu’il neige – pas très souvent ici, tout de même –, les jours de marché, il est là, fidèle au poste. La météo importe, car ces douceurs sont sensibles à l’humidité ; s’il pleut, elles ont vite fait de ramollir : parfois certaines se retrouvent planquées sous la table, et il faut les lui réclamer ! La grosse chaleur, ce n’est pas idéal non plus. Mais enfin ici, le climat est plus tempéré que les tempéraments… si vous voyez ce que je veux dire.
Bref, une fois la cliente décidée, et ce n’est pas chose facile que de choisir parmi cet étal de rêve, M. Bergougnoux place les favoris dans de jolis sachets, et la voilà emballée à l’idée de les déguster bientôt. (Oui, tout ça au féminin, et pourquoi pas ?)

Il y en a pour tous les goûts. Du salé : noix et noisettes, amandes et légumes grillés… et du sucré – une multitude de fruits séchés, ou confits. Leur provenance, pour ces derniers : rien que du local, point de colorants artificiels, tout juste un peu de betterave pour les poires ou les cerises, et ce n’est pas une fan de borscht qui va s’en plaindre ! Ils sont fabriqués à Saint-Laurent du Var, ce qui équivaut à une garantie absolue de qualité, on est bien d’accord. Idem pour les fleurs cristallisées, qui rendront vos pâtisseries uniques, et belles à croquer. 






La clientèle fidèle est également locale, mais il va sans dire que les visiteurs du monde entier se pressent devant ce banc si joliment arrangé. Ils parlent toutes les langues de la Tour de Babel, mais ce n’est pas ce qui effraye notre Auvergnat-Niçois : il comprend chacun d’entre eux, s’en fait comprendre, manie les chiffres avec un polyglotisme (késako ?) impeccable et, imperturbable rend la monnaie en euros à tous les Japonais de passage sans jamais se tromper d’un demi-yen.



Je lui ai demandé quel côté du stand avait le plus de succès. Eh bien, m’a-t-il dit sans hésiter, les deux. Cela ne m’étonne pas : on commence par le côté nord, pour sa consommation personnelle de pruneaux, ou de bananes séchées, de dattes Medjoul ou de raisins blonds (ils font merveille dans le strudel), de noix diverses et de chips de légumes, pour l’apéritif, mais quand on découvre le côté sud, on rouvre son porte-monnaie pour rapporter un cadeau sucré à ses amis. Orangettes, et fruits confits, dont on raffole au moment de la brioche des Rois, sans oublier les ravissants sujets en massepain (pâte d'amande) qui font craquer tous les parents d'enfants gourmands !




Dattes Medjoul avant récolte
Image prise sur ce site


Conclusion : au lieu d’acheter un peu plus loin des babioles décorées de motifs niçois que vos amis revendront sur Le Bon Coin dès demain, offrez-leur donc un sac plein de ces gourmandises-là. Effet garanti. Et, tant que vous y êtes, exprimez toute votre gratitude, et la mienne, à quelqu’un qui fait son métier avec autant de goût et de sérieux.   












mardi 7 mars 2017

LE FRANÇAIS TEL QU'ON LE JARGONNE


 

Nous autres, Français, sommes très attachés à notre langue. Bien évidemment nous respectons et honorons notre Académie française, que le monde entier nous envie, et qui est la garante de ce qui est acceptable, ou pas, en matière linguistique.

Ce respect affirmé n’empêche pas nos concitoyens de s’asseoir allègrement sur ses recommandations, ainsi que l’on peut le noter quasi-quotidiennement en écoutant ceux qui parlent à la radio ou à la télévision. Pour rester dans l’air du temps, cela fait un peu penser aux politiciens qui réclament une justice expéditive pour les truands, mais s’offusquent de se la voir appliquer avec la même célérité. La presse, qui n’a cure des diktats, nous réjouit de ses trouvailles faussement anglo-saxonnes, mais assurément snobs. 
Cessons donc de tourner autour du (jack)pot, il est temps que je partage avec vous les perles récoltées récemment, avec l’aide de mon acolyte qui a de la feuille – j’ai nommé le musicien Michel Borla.

Les rubriques gagnantes sont les suivantes : 

mardi 28 février 2017

COMMENT SAVOIR SI VOUS ÊTES DE GAUCHE OU DE DROITE ?



Si vos zygomatiques se sont remis de la lecture du précédent ouvrage* commis par Alain Granat (avec la complicité de Jonathan Demayo), que vos glandes lacrymales sont tristement activées par la situation politique actuelle, que vous vous posez des questions quant au financement des études de votre cadette (qui envisage un Master de sociologie aux Etats-Unis), il est urgent pour vous d’acquérir cet ouvrage, du même Alain Granat – cette fois co-rédigé avec Ben Bensimon.

Vous direz, comme tout un chacun : « Moi, je sais très bien si je suis de gauche ou de droite, je n’ai pas besoin qu’on me le prouve par A plus B ».
Et eux, vous répondront : 
« Chiche qu’on le vérifie ? » – en vous le mettant en main (contre six petits euros).

mercredi 15 février 2017

VÉRANDA OU VÉRANDAH ?



C’est quoi cette mode là ? Quelle que soit l’heure à laquelle vous allumez la radio, ou la télé, vous tombez sur une pub qui vante une marque de vérandas. Naturellement, notre Stéphane Bern national se fait le chantre de celle qu’il nomme « La Reine des vérandas ». Mais il n’y a pas que lui. Et dans la rue, il arrive maintenant que l’on croise des camions luxueux, qui portent sur leurs flancs le nom de la maison qu’ils représentent.

À croire que tous les Français vivent dans une maison individuelle, à laquelle il manque quelques mètres carrés (moins de 20, tout de même ; sinon il leur faudrait demander un permis de construire) et que tous se sont donné le mot pour la flanquer de cette structure qui leur permettra de profiter à leur aise du moindre rayon de soleil. Surtout ailleurs que dans le Midi, où il faudra d’urgence la climatiser si l’on ne souhaite pas la voir transformée en serre et soi-même en pain grillé. Certes, cet ajout de surface habitable est un plus, y compris pour les foyers les moins fortunés.

dimanche 5 février 2017

LE (BONNET) ROSE EST MIS !

 ...En vente sur ce site.

L’actualité récente m’a un peu rassurée.
Après avoir, il y a peu, mis en doute la capacité des filles et des jeunes femmes à sortir de la guimauve rose – que dis-je, de la barbe à papa – dans laquelle elles grandissent, voilà que nous sont arrivées, il y a quelque temps, des images plus que rassurantes, en provenance du pays même où est née la très controversée poupée Barbie.

Loin de moi l’idée de m’immiscer dans la politique d’un pays étranger et néanmoins ami depuis belle lurette – n’est-ce pas M. de Lafayette ?... Pourtant, il me semble nécessaire de (parfois, toujours ?) s’insurger lorsque les droits les plus fondamentaux des femmes sont mis en danger, et par qui ? Par un homme. En tout cas, là-bas.

dimanche 29 janvier 2017

LA PASSEUSE DES AUBRAIS, DE MICHAËL PRAZAN : UNE AUTRE HISTOIRE FLOUE.


Michaël Prazan, écrivain, conférencier, et documentariste (entre autres) vient d’être récompensé – deux fois – au Festival international du film d’histoire de Pessac, pour ce travail d’une vie. 

Car il s’agit bien là d’autre chose que de ses travaux précédents, même si ceux-là étaient tous d’une qualité exceptionnelle. Que l’on se rappelle, par exemple, la série « Einsatzgruppen » - Les commandos de la mort, pour ne citer que celle-là. * 

Dans La Passeuse des Aubrais, il nous relate une histoire familiale, qui ne peut que parler à nombre d’entre nous – et à commencer par l’auteure d’Histoires floues, qui a dû se pincer plusieurs fois pendant la projection, tant les thèmes abordés la troublaient, en raison de leur similitude avec sa propre "fiction". 

Ce film est en effet un récit personnel, voire intime, même si sa facture est celle d’un documentaire, et comme tel, mené avec la plus grande efficacité. Il s’ouvre sur un clap de début de tournage, et c’est la voix off de Michaël Prazan que l’on entend. Claire et chaude à la fois, elle nous accompagnera tout du long. Le fils nous parle de son père. 

mercredi 25 janvier 2017

JOSEPH JOFFO SUR GRATITUDE !


Photo prise sur Wikipedia

Mais si, c'est bien vrai ! J'ai obtenu une entrevue (téléphonique) avec l'auteur du Sac de billes. Vous vous demandez comment j'ai fait ? Eh bien, c'est une belle rencontre, liée à mon histoire personnelle avec Vallauris, et aux recherches que nous faisons dans le cadre de l'AMEJDAM, sur les six jeunes gens qui ont été déportés de Vallauris-Golfe-Juan en octobre 1943. Joseph Joffo et son frère Maurice y résidaient, cachés dans un endroit appelé Camp "Moisson Nouvelle" - ainsi qu'il le raconte dans son livre, Un sac de billes, et tel que cela est représenté dans le magnifique film de Christian Duguay, qui vient de sortir. 


Le détail du travail de mémoire de l'AMEJDAM à ce sujet sera à lire bientôt sur le blog de cette association, mais en attendant, et après avoir vu le film en question, j'ai eu envie d'en rendre compte pour mon web-magazine favori, le brillant JEWPOP, où vous pourrez consulter ma chronique, en cliquant ICI – mais pas avant d'avoir lu le reste de ce billet, bien entendu ! 

lundi 23 janvier 2017

LE P'TIT ÉCRIVAIN AIME "TERRES MÊLÉES"

LE P'TIT ÉCRIVAIN A MALHEUREUSEMENT FERMÉ BOUTIQUE, PARDON, SON SITE, MAIS N'EN A PAS POUR AUTANT PERDU SON REGARD À LA FOIS BIENVEILLANT ET AIGUISÉ, NI SON TALENT DE CHRONIQUEUSE. LA PREUVE :
"Nous ne pouvions rester silencieux au sujet du dernier ouvrage de Cathie Fidler dont nous avions eu la joie de lire le manuscrit. Ici, Cathie Fidler nous fait la lecture, nous lit une histoire, celle de sa vie, celle de son père, Eugène Fidler, et nous invite en terres mêlées. De la même manière que cette technique « consiste à mélanger plusieurs terres aux coloris différents », nous nous faufilons dans cette vie d'artiste et découvrons la variété de son talent, 
« une œuvre protéiforme », dans une mosaïque d'émotions, de perceptions, de sentiments, dans l'absence, dans l'attente...

Joliment écrit, ce livre est la lettre de toute une vie (si l'on peut dire), la lettre d'une fille à son père. Nous sommes en mouvement, de Eugène Fidler le père à Eugène Fidler le céramiste, de par l'enfant qui cherche son identité à travers celle, si mystérieuse, d'un père qui vient et file comme le vent, dont les mains ont tracé leur chemin au milieu d'illustres artistes, à travers l'imagination de tout ce qu'une fillette peut capter de ce père que l'on ne réussit à attraper. Imagination et réalité se confondent tant dans les œuvres de l'artiste que vous découvrirez au fil des pages que dans la perception qu'a l'enfant de son père. À la recherche d'un refuge : l'écriture ? Les langues ? Ou plutôt la vérité qui délivre de tout.

Aquarelles, collages, (lino)gravures, etc., sont un bel ensemble de formes libres qui illustrent cet ouvrage. Mais d'autres images se donnent rendez-vous, celles qui jaillissent comme prélevées du journal intime de la fillette, du travail de mémoire et du regard de cette fillette devenue adulte, d'une qualité telle qu'il nous semble être transportés dans ce passé, dans cette intimité, avec parfois l'impression d'une narration cinématographique.
Que ceux qui aiment l'art en profitent pour se laisser conter...
Que ceux qui aiment lire en profitent pour se laisser porter par les couleurs, les tracés, les textures, la matière, les formes...

Eugène Fidler est un artiste resté dans l'ombre de ceux qui ont fait leur renommée comme Picasso, mais dont le talent n'est pas moindre. Ainsi, vous pourrez en juger en « écoutant » ce dont sa vie fut faite sous la plume de Cathie Fidler."

GRATITUDE.
Avec cette empreinte, en cadeau.